Description : En octobre 2026, l'humoriste japonais Tetsuya Morita a salué un sketch de JaruJaru datant de 2010. Le ressort comique tient au moment où le public comprend qu'aucune nouvelle réplique ne viendra.
Réponse directe : Le mot « obahan » n'est pas une trouvaille particulièrement spirituelle. Ce qui amuse, c'est l'obstination du personnage qui ne dit rien d'autre. Une femme essaie de comprendre pourquoi on l'interpelle ainsi ; son interlocuteur répète le même terme. À force d'attendre une explication, le spectateur découvre que l'absence d'explication est la règle du jeu.
Pourquoi reparler de ce sketch en 2026 ?
Dans une émission de TV Asahi datée du 19 octobre 2026, Mimi no Ana Kappojitte Kike!, Tetsuya Morita, du duo Saraba Seishun no Hikari, a discuté avec les animateurs Kazunobu Kubota et Hiroyuki Iguchi des numéros qui impressionnent d'autres humoristes.
Il a cité Obahan Garami, de JaruJaru. Le principe : une femme rentrant de ses courses se fait importuner par quelqu'un qui l'appelle sans cesse « obahan ». D'après le compte rendu de TV Asahi publié le 20 octobre, Morita admire particulièrement l'instant, vers une minute trente, où l'on réalise que le sketch va réellement continuer avec ce seul mot. Cette durée est son estimation, pas une mesure précise des rires.
Que signifie « obahan » ?
Il s'agit d'une appellation familière de la région japonaise du Kansai pour une femme d'âge mûr ou plus âgée. Lancée à une inconnue, elle peut être impolie. « Madame » est trop poli pour en rendre la nuance, tandis qu'une injure française très violente serait excessive. L'essentiel est la familiarité déplacée et l'absence totale de justification.
La femme tente d'obtenir une réponse intelligible. Le personnage répète sa formule, sans préciser son intention. Le nombre de mots reste minuscule ; l'agacement, lui, grandit.
Comment une répétition peut-elle faire progresser la scène ?
Au début, c'est une interpellation mal élevée. Ensuite, une provocation insistante. Puis le public comprend la règle absurde : quelle que soit la question, la réponse restera identique. Les réactions de la femme, les silences et les attentes des spectateurs se modifient à chaque passage.
Un sketch classique ajoute des péripéties. Celui-ci refuse obstinément d'en ajouter. La promesse d'un nouveau rebondissement est constamment déçue, et cette déception devient comique. Il s'agit d'une analyse du mécanisme, pas d'une déclaration vérifiée des intentions des auteurs.
De 2010 à 2023 : un sketch qui a marqué des confrères
JaruJaru a joué ce numéro lors de la finale du King of Conte 2010, diffusée sur TBS le 23 septembre 2010. Le duo était finaliste ; King of Comedy a remporté cette édition. En mai 2023, Usagi, du duo Long Coat Daddy, avait déjà salué cette manière de construire tout un numéro autour d'une seule expression.
La discussion d'octobre 2026 remet donc en lumière une œuvre ancienne appréciée dans le milieu comique japonais. Elle ne prouve pas une vague virale en France. Les vidéos intégrales de 2010 et de 2026 n'ont pas été visionnées directement ; les détails proviennent des sources citées.
Conclusion
Morita admire un paradoxe : faire d'une absence de nouvelles répliques le moteur du spectacle. Le personnage répète la même chose, mais le public, lui, n'en finit pas de réviser ses attentes.
