Le mariage est terminé, les émotions devraient pouvoir retomber. Et pourtant, Fumiko s’adresse aux Shigeta comme à des inconnus. On est prêt à pleurer, puis une autre question surgit : a-t-elle perdu les souvenirs de Kiyomi, ou même ceux qu’elle a construits elle-même ?
Attention, spoilers. Le film sait ce qu’il veut raconter sur la séparation ; il reste plus flou sur les règles de cette mémoire étrange.
Fumiko a sa propre histoire
Toshiki a grandi avec la promesse de protéger sa petite sœur après la mort de leurs parents. Fumiko, elle, porte des souvenirs liés à Kiyomi, une femme décédée jeune. Cela ne fait pas d’elle une seconde Kiyomi. Elle choisit sa vie, notamment son mariage.
La famille Shigeta a un lien profond avec Kiyomi. En retrouvant cette présence à travers Fumiko, elle peut enfin vivre une forme d’adieu. Le petit repas orné de fleurs qui donne son titre à Hanamanma transforme ce chagrin en un objet que l’on peut offrir.
Le symbole fonctionne. La mécanique, moins.
Sur le plan émotionnel, le dénouement suggère que le rôle de Kiyomi s’achève. Les Shigeta prennent congé d’elle ; Fumiko continue sa route. C’est simple et poignant.
Mais deux catégories de souvenirs se croisent ici : ceux que Fumiko portait depuis l’enfance, liés à Kiyomi, et les moments qu’elle a personnellement vécus plus tard avec les Shigeta. Le film ne précise pas jusqu’où va l’effacement. Parler d’incohérence certaine serait excessif. Inventer une règle précise pour combler le silence le serait tout autant.
Toshiki doit, lui aussi, changer de place
Depuis toujours, il veille sur sa sœur. Il lui est difficile de ne plus intervenir jusque dans son mariage. Pourtant, l’aimer ne lui donne pas le droit de décider à sa place. Abandonner le rôle de père de substitution ne signifie pas cesser d’être son frère.
De la même façon, on pourrait imaginer que les souvenirs de Kiyomi s’en aillent tout en laissant intactes les relations nouées par Fumiko. Ce serait une autre fin, pas celle que le film établit. Cette possibilité éclaire cependant le malaise que l’on peut ressentir.
Un petit repas de fleurs contre l’oubli
L’objet demeure alors que les souvenirs semblent se dissiper. C’est tendre, et presque inquiétant. Le personnel du mariage a sûrement une feuille pour le plan de table, les tenues et l’horaire. Pour la « portée d’un effacement surnaturel », en revanche, aucun formulaire n’est prévu.
La fin de Hanamanma rend l’adieu limpide, mais laisse les frontières de l’oubli incertaines. Rien n’empêche d’être ému tout en posant des questions.
Pour les informations sur le film, voir le site officiel et la JFDB. L’explication des souvenirs relève ici de l’interprétation.
