Claude ou ChatGPT pour les grosses tâches ? 3% de quota contre 31%, et un « at capacity » en prime

On ne parle pas ici d'une petite question posée en passant.

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Claude ou ChatGPT pour les grosses tâches ? 3% de quota contre 31%, et un « at capacity » en prime
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1. Même boulot lourd, et Claude finit le premier

On ne parle pas ici d'une petite question posée en passant. Ce sont des tâches longues : lire beaucoup de contexte, enchaîner plusieurs étapes, prendre des décisions en route et rendre un vrai livrable à la fin.

J'ai fait tourner Claude Opus 5.5 et GPT-6.1 Sol en parallèle, tous les deux avec un niveau de raisonnement moyen. Aucun des deux n'a été bridé en mode ultra-léger pour le faire perdre.

À l'usage, Claude était nettement plus rapide. Et il rendait plus de travail. GPT-6.1 Sol bosse aussi, mais on a l'impression qu'il avance « tout doucement, mais il avance ».

Pour une question isolée, quelques dizaines de secondes d'écart, tout le monde s'en fiche. Mais dès qu'on utilise l'IA comme un collègue qui enchaîne des tâches longues, ça change tout. 10 minutes d'écart, 20 fois de suite, ça fait 200 minutes. Boucler 2 vraies tâches de plus avant la fin de journée vaut bien plus que 2 points gagnés sur un benchmark.

2. Puis j'ai regardé la jauge : 31% contre 3%

Le plus frappant, c'était la consommation.

Après environ 1 heure en parallèle, ChatGPT affichait 69% restants. Donc à peu près 31% consommés. Claude, lui, n'en avait utilisé qu'environ 3%.

31 ÷ 3, ça donne environ 10,3. On a envie de crier « c'est 10 fois mieux ! ».

Sauf qu'écrire tel quel « Claude est 10,3 fois plus rentable », ce serait bâclé. Les pourcentages des deux services ne mesurent pas la même chose. Taille de l'abonnement, fenêtre de 5 heures, plafond hebdomadaire, poids de chaque modèle, façon de compter chaque fonction : tout diffère.

On ne compare même pas des pommes et des poires.

L'un, c'est peut-être la jauge d'essence de la voiture, l'autre le temps qu'il reste à un buffet à volonté.

N'empêche que pour celui qui paie l'abonnement, ça compte. Même jour, même type de travail : une jauge bouge à peine, l'autre fond à vue d'œil. Et celle qui consomme le moins finit en plus la première.

Pour un article scientifique, c'est léger. Pour votre portefeuille, c'est parlant.

3. Et là : « Selected model is at capacity », 30 secondes d'attente

Côté OpenAI, ce message est apparu :

Selected model is at capacity. Please try a different model.

J'étais justement en train de me dire « ça descend vite, quand même », et voilà que c'est la route elle-même qui est bouchée.

Environ 30 secondes d'attente.

Sérieusement ?

En plus du quota, je paie aussi le temps passé au feu rouge ?

Ce message d'erreur, mot pour mot, a aussi été signalé sur l'OpenAI Developer Community en septembre 2026, et l'auteur du post disait qu'il tombait dessus alors qu'il lui restait du quota. Autrement dit, « j'ai épuisé mon quota » et « le modèle est saturé » peuvent être deux problèmes différents.

Sur des tâches longues, cette différence pèse lourd.

Vous pouvez avoir du quota à revendre : si vous ne pouvez pas accéder au modèle à ce moment-là, le travail s'arrête. 30 secondes, ce n'est rien. Mais ajoutez les nouvelles tentatives, le changement de modèle, la vérification du statut et le temps pour revenir devant l'écran : la saturation grignote votre temps de travail en silence.

Dans un comparatif d'IA, il faut désormais une colonne de plus que « intelligence », « vitesse » et « prix » : la probabilité que le modèle soit dispo au moment où vous en avez besoin.

4. Opus 5.5 paraît rapide, et ça colle avec ce qu'annonce Anthropic

Anthropic a sorti Claude Opus 5.5 le 22 septembre 2026. Selon l'entreprise, sur les usages classiques facturés au token, il coûte environ 40% de moins à faire tourner qu'Opus 5.

Anthropic insiste aussi sur le fait qu'il boucle le même travail avec moins de tokens, moins d'étapes et moins d'appels d'outils. Claude Code propose en plus un Fast mode, annoncé jusqu'à 2,5 fois plus rapide dans d'autres conditions.

Ce test ne portait pas sur le Fast mode, donc je ne dirai pas « officiellement 2,5 fois, donc ici aussi 2,5 fois ».

Ce qui compte, c'est de comprendre d'où vient la vitesse.

Ce n'est pas seulement le nombre de caractères affichés par seconde.

Ne pas se perdre. Ne pas tout refaire. Ne pas appeler des outils pour rien. Ne pas multiplier les allers-retours avec l'humain.

Tout ça, c'est de la vitesse.

Pour un agent qui tourne pendant des heures, arriver au but en moins d'étapes compte plus que de sortir une réponse brillante de temps en temps.

5. Pile au même moment, OpenAI rabote le Pro à 200 $

Au 30 septembre 2026, le Help Center public d'OpenAI présentait encore le Pro à 200 $ comme « Pro 20x ».

Mais une autre page d'aide d'OpenAI précise que les abonnés éligibles qui avaient l'ancien quota le gardent jusqu'au 29 octobre 2026. Ensuite, pour le même prix de 200 dollars par mois, ils passent à un usage inclus plus faible.

D'après Business Insider, dans un article du 30 septembre, et la notification qui aurait été envoyée aux abonnés, Work/Codex passe de 20x à 10x par rapport au Plus, et le chat GPT-6 Pro passe de 200 à 100 messages par semaine.

On est donc en pleine période de transition :

La page publique affiche encore 20x.

Mais les abonnés concernés ont été prévenus que leur quota baisse après le 29 octobre.

En parallèle, OpenAI a lancé Pro 500, à 500 dollars par mois, avec le plus gros volume d'usage et GPT-6 Astra en version Ultrafast tout en haut de la gamme.

Le plafond monte.

Mais l'assiette de ceux qui paient 200 dollars rétrécit.

Un peu comme un grand restaurant qui ouvre un nouveau salon VIP tout en servant une demi-portion aux habitués.

6. 62 500 crédits, c'est beaucoup. Mais ce n'est pas une baisse de prix durable

D'après la notification partagée par les abonnés Pro à 200 $ actuels, ils reçoivent une seule fois 62 500 usage credits, d'une valeur de 2 500 $, qui expirent le 31 décembre 2026.

C'est vraiment beaucoup.

Ça aide énormément pendant la transition.

Mais des crédits temporaires et la rentabilité d'un abonnement mensuel, ce n'est pas la même chose.

Tant qu'il reste des crédits, on peut s'en donner à cœur joie. Après le 31 décembre, il reste l'abonnement normal avec le quota normal.

Le gros ravitaillement est arrivé.

Mais l'intendance de l'an prochain, c'est une autre histoire.

Pour comparer honnêtement, regardez donc l'après-crédits : avec 200 dollars par mois, combien de vraies tâches arrivez-vous à boucler ?

7. Le vrai indicateur : travail terminé ÷ argent ÷ temps d'attente

Pour les gros utilisateurs, le classement des benchmarks ne suffit plus.

Il faudrait au minimum mesurer :

  • le nombre de tâches exploitables terminées par heure
  • le nombre de tâches terminées pour 1% de quota
  • le nombre de tâches terminées par dollar
  • le temps qu'un humain passe à corriger
  • le temps perdu à attendre que le modèle se libère, à relancer ou à changer de modèle
  • la part des tâches longues qui vont jusqu'au bout sans planter en route

En formule, ça donnerait à peu près :

Valeur réelle = travail terminé et exploitable ÷ (abonnement + frais en plus + temps de correction humaine + coût de l'attente et des relances)

Un abonnement IA, ce n'est pas un grand cru.

C'est un outil électrique.

La puissance max ne suffit pas. Il faut aussi savoir combien de coupes on fait avec une batterie, s'il ne s'arrête pas en surchauffe au milieu, et si, au moment de le brancher, il ne vous répond pas « service saturé, veuillez patienter ».

8. Là, tout de suite, on a envie de passer sur Claude. Mais OpenAI ne doit pas quitter la guerre des prix

Une seule observation ne permet pas de dire que « Claude gagne à tous les coups ».

GPT-6.1 Sol a ses propres atouts : un contexte d'environ 1,05 million de tokens, l'écosystème d'outils d'OpenAI et un prix d'API plus bas que celui d'Astra. OpenAI présente GPT-6.1 Sol comme un modèle aux performances proches d'Astra pour le code complexe, le pilotage d'ordinateur et le travail pro, pour un coût moindre.

Le problème, ce n'est pas que le modèle soit faible.

Le problème, c'est que l'abonnement dans son ensemble semble produire moins de vrai travail.

Sur des tâches lourdes comparables, Claude va plus vite. Sa jauge baisse moins. Côté ChatGPT, il y a même de l'attente pour cause de saturation. Et le quota fixe de l'offre à 200 dollars est en train de baisser.

Dans ces conditions, avoir envie de faire de Claude son outil principal pour l'instant, c'est logique.

Mais si OpenAI jette l'éponge, ce sera un autre problème.

Avec un concurrent affaibli, Anthropic aurait moins de pression pour garder ses quotas généreux actuels. La page officielle de Claude Max précise d'ailleurs que l'entreprise peut ajouter des limites hebdomadaires, mensuelles ou par modèle pour gérer la capacité.

Ce qui arrange le plus les utilisateurs, ce n'est pas un monde où une seule entreprise reste gentille pour toujours.

C'est Claude qui baisse ses prix.

OpenAI qui riposte.

Google et les autres qui s'en mêlent.

Claude qui augmente encore ses quotas.

OpenAI qui contre-attaque encore.

Guerre des prix : encore !

Nous, on est dans les tribunes, l'abonnement mensuel serré dans la main.

Conclusion

D'après ce que j'ai mesuré, Claude Opus 5.5 a l'air nettement devant pour la vitesse sur les tâches longues et le rendement du quota.

Mais je ne vais pas affirmer que 31% contre 3% veut dire 10,3 fois mieux. La base de calcul n'est pas la même.

Reste qu'en ajoutant le rabotage du Pro à 200 $, les 62 500 crédits qui ne sont qu'un coup de pouce temporaire, et l'attente pour saturation bien réelle, le bon critère saute aux yeux :

Le vrai rapport qualité-prix d'une IA, c'est combien de tâches vous bouclez d'ici la fin du mois, et combien de temps vous passez à attendre.

Ça fait plaisir que Claude soit aussi fort en ce moment.

Mais j'aimerais qu'OpenAI s'accroche aussi.

Le jour où Claude gagne tout seul, la prochaine chose à se faire « optimiser », ce sera peut-être notre portefeuille.

Aux entreprises de l'IA :

Dans la paix.

Faites-vous une guerre des prix encore plus féroce.

Références (7)


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