Le matin, ses propres dossiers. À midi, aider un nouvel arrivant. L'après-midi, réparer une erreur. Au moment de partir, le responsable demande : « Tu peux reprendre ce rapport ? »
Plus on peut compter sur quelqu'un, plus on lui confie de tâches. L'entreprise y voit un bon chef d'équipe. Lui voit surtout une journée qui ne finit pas.
Cette scène est un exemple fictif inspiré de situations courantes, pas le récit d'une entreprise réelle.
Former les autres prend du temps
La personne expérimentée répond aux questions, corrige les erreurs et sauve les délais. Tout se passe assez bien pour que le problème reste invisible.
Mais son travail habituel n'a pas diminué. Si former quelqu'un prend deux heures, il faut dégager ces deux heures quelque part. Les félicitations ne remplacent pas du temps disponible.
« Décide toi-même » ne doit pas cacher une bonne réponse
Le responsable dit : « Fais comme tu veux. » Une fois le travail terminé, il demande : « Pourquoi tu ne m'as pas consulté ? » La fois suivante, l'employé pose la question et s'entend dire : « Tu ne peux pas décider seul ? »
Impossible d'apprendre sereinement dans ces conditions. On finit par chercher à deviner les attentes du responsable.
Avant de confier une mission, il faut préciser le résultat attendu, les décisions que la personne peut prendre et les cas où elle doit demander un avis.
Le jour où la personne indispensable s'en va
Les salariés expérimentés repèrent les problèmes tôt et les règlent discrètement. De loin, tout semble fonctionner.
Lorsqu'ils changent de poste ou quittent l'entreprise, ces tâches cachées réapparaissent. Les autres les récupèrent et risquent de s'épuiser à leur tour. Les départs ont toujours plusieurs causes, mais ce poids supplémentaire mérite d'être examiné.
Une meilleure répartition vaut mieux qu'un discours
Comptez les heures de formation et de correction. À chaque nouvelle mission, choisissez ce qui sera réduit ou reporté. Dites clairement qui décide quoi. Et lorsque les erreurs se répètent, regardez aussi comment le travail est organisé.
Chacun reste responsable de ses choix. Mais on ne peut pas exiger une responsabilité totale sans donner ni temps ni marge de décision.
Une question simple peut tout changer : « Si je prends cette mission, laquelle peut attendre ? »
Une équipe solide continue de travailler quand sa personne la plus serviable prend une semaine de congé. Sinon, ce n'est peut-être pas une équipe : c'est un salarié utilisé comme batterie de secours.
